" /> BERTRAND BADIE : « LE MULTILATERALISME EST BLOQUE PAR LES ETATS ET LE NEO-NATIONALISME MAIS FONCTIONNELLEMENT INEVITABLE… » - GéopoWeb
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(1) GEOPOLITIQUE D’INTERNET et du WEB. GUERRE et PAIX dans le VILLAGE PLANETAIRE. Par Laurent GAYARD

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« Une QUADRATURE STRATEGIQUE » au secours des souverainetés nationales

L’EUROPE FACE AUX DEFIS DE LA MONDIALISATION (Conférence B. Badie)

De la COMPETITION ECONOMIQUE à la GUERRE FROIDE TECHNOLOGIQUE

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BERTRAND BADIE : « LE MULTILATERALISME EST BLOQUE PAR LES ETATS ET LE NEO-NATIONALISME MAIS FONCTIONNELLEMENT INEVITABLE… »

Interview exclusive de B. Badie : France, U.E, nouvel ordre du monde, société et néolibéralisme...

samedi 20 juin 2020 Bertrand BADIE

L’interview de Bertrand Badie (1),(2) vous propose la mise en perspective d’une lecture longue dans le cadre de ruptures contextuelles provoquées par la crise sanitaire du Covid-19 et bien avant. L’auteur évoque un retour « inévitablement à l’interventionnisme étatique, le néo-libéralisme n’est plus opérationnel », alors même que le multilatéralisme est simplement bloqué par les Etats et le néonationalisme, mais fonctionnellement inévitable…".
On retrouvera toujours avec plaisir les analyses de B. Badie, qui tout au long de ses projets de recherche, rentrent dans de grands sujets : « le territoire c’est fini », « fin de la bipolarité », « la puissance est un concept désuet (à distinguer de l’ hégémonie), « la peur est de façon récurrente un facteur de l’histoire » .... .
Il y a dans ses oeuvres un fil rouge. De la nation à la mondialisation, le chercheur a construit un corpus d’analyses qui, innovantes au départ, tendent à devenir des lectures avérées quelques années plus tard. Elles suscitent pour le moins le débat telle « l’humiliation » dans les relations internationales (3). B. Badie a proposé de penser l’humiliation, un sujet transhistorique et dans la vie quotidienne, mais aussi dans l’histoire des nations, autrement que dans un rapport interindividuel.
En contrepoint de cette interview, les lecteurs avertis, retrouveront une proximité avec le grand Emile Durkheim. Si un « new world order » (nouvel ordre mondial) est en gestation, il sera bien loin de celui que l’on imaginait dans les années 90. La fin de l’hyperpuissance américaine mais aussi la crise sanitaire produisent une nouvelle étape : une construction sociale inédite (produit de contextes et de structures) encore inachevée. P.L

(1) Bertrand Badie, politologue, spécialiste des relations internationales, Professeur émérite Sciences Po Paris, un des initiateurs du MOOC. Auteur de multiples ouvrages et articles de géopolitique (cf fiche auteur). On retiendra ici :
« Le temps des humiliés. Pathologie des relations internationales ». O. Jacob. Mars 2014
« L’hégémonie contestée. Les nouvelles formes de domination internationale ». O. Jacob. La Découverte. Octobre 2019
Jusqu’à maintenant les crises sanitaires touchaient essentiellement les pays du Sud
https://www.liberation.fr/debats/2020/04/09/bertrand-badie-jusqu-a-maintenant-les-crises-sanitaires-touchaient-essentiellement-les-pays-du-sud_1784749
(2) Questions réalisées par les Etudiants Master Sc Po Lyon (MSP), en période de confinement, pour GeopoWeb

INTERVIEW DE BERTRAND BADIE (France, U.E, nouvel ordre du monde, société, néolibéralisme…)

FRANCE

MSP - Quels sont les exemples marquants de l’histoire récente où la France a perdu de son influence politique internationale du fait de sa dépendance économique et notamment énergétique ?

Bertrand Badie. Je serais prudent en reliant « influence politique et dépendance énergétique ", dont les interactions ne sont pas systématiques. Néanmoins, les relations d’obligation construites avec les pays du Golfe pourraient entrer dans la logique de votre question, correspondant à une soumission souvent décriée de la politique française à ces économies (mais élargies en fait aux contrats commerciaux).

MSP - Pensez-vous que la crise du coronavirus va réellement freiner la mondialisation et favoriser un retour à des productions nationales en particulier françaises ?

Bertrand Badie. Non, cela fait partie de la rhétorique commune, mais n’a pas valeur scientifique. Sauf à la marge, ce n’est pas possible.

MSP - Les velléités de relocalisation de l’industrie sont-elles le signe d’un retour des enjeux de puissance dans l’opinion publique, au prisme de l’économie ?

Bertrand Badie. Dans l’opinion peut-être car celle-ci est confuse sur ce sujet. Dans la réalité, non.

MSP - Il semble que nos sociétés occidentales se divisent de plus en plus en deux camps fondamentalement opposés. Une société paradoxale où dire ouvertement qu’être « fier d’être français » peut être considéré comme raciste par une communauté, tout en pouvant être considéré comme fondamentale par une autre. D’un côté on assiste à une montée de plus en plus grande des idées extrémistes et nationalistes, que ce soit en Europe (à chaque élection les différents partis d’extrême droite gagnent en « popularité ») ou bien aux États Unis où la fracture sociale se fait de plus en plus pesante. D’un autre côté on voit monter un « anti-racisme » exacerbé prônant une ouverture universelle, semblant conduire à la destruction de tout particularisme culturel au nom du « vivre ensemble mondial ». De ce fait notre société semble peu à peu se fracturer entre un ultra nationalisme exacerbé et une destruction de repaires culturels et sociaux au nom de l’ouverture vers autrui. Ce conflit peut-il finir par provoquer une forte instabilité mondiale ?

Bertrand Badie. Je trouve votre analyse TRES dichotomique pour ne pas dire caricaturale : il y a quantités d’autres postures possibles, notamment celle d’un pluralisme décomplexé. La seule réalité sociologique est la montée, presque universelle, d’un néo-nationalisme identitariste, suscité par la peur de la mondialisation et du changement. Il peut en effet faire du dégât.

U.E

MSP - Peut-on estimer avec la crise du coronavirus, qu’une fois de plus l’Union Européenne s’illustre par son impuissance à faire corps et donc à faire face ?

Bertrand Badie. Oui, même si les choses bougent un tout petit peu, à l’initiative notamment du couple franco-allemand

MSP - Comment jugez-vous la réaction à la fois politique et économique de l’Union européenne lors de cette gestion de crise du COVID-19 ? Pensez-vous que cela va affecter encore plus sa légitimité à la sortie de crise ?

Bertrand Badie. Elle est fondamentalement conservatrice, en cela qu’elle répugne à passer d’un logiciel « associatif » à un logiciel « solidariste » qui est plus adapté aux données actuelles

MSP - Les inimitiés et désaccords des pays européens qui ont été observés en ce début de crise sont-ils les révélateurs du fait que l’Europe ne sait et ne saura pas passer au stade de solidarité (pour moi actuellement encore au stade de l’associatif) ?
Bertrand Badie. Oui

MSP - Est-ce que vous croyez que la création d’une union fiscale européenne avec l’homogénéisation des normatives fiscales européennes, pourrait renverser le processus de délocalisation et désindustrialisation français ?

Bertrand Badie. Entre autres : c’est inévitable en effet dans un contexte solidariste

MSP - L’UE doit-elle encore poser des limites à l’interventionnisme des Etats au risque de se retrouver dans situation similaire à la crise du Covid-19 où l’on n’a plus la capacité d’importer ni de produire sur le territoire ?

Bertrand Badie. On retourne inévitablement à l’interventionnisme étatique : le néo-libéralisme n’est plus opérationnel

Nouvel ordre du monde

MSP- La crise du coronavirus est-elle révélatrice d’un passage à un nouvel ordre des relations internationales avec de nouvelles puissances jusque-là considérées comme petits pays ? Si l’on regarde les pays qui s’en sortent le mieux (Allemagne, Corée du Sud, Japon …), ce sont plutôt ceux qui ont eu une adhésion précoce à la mondialisation et qui ont adopté une posture, parfois forcée (Japon et Allemagne ont du remettre en cause leur projet de puissance militaire) qui semblent leur servir et qu’ils transforment en une politique mondiale de prise en charge de la sécurité humaine. Ex : l’Allemagne qui a tenté de faire passer au Conseil de sécurité des membres non permanents une résolution forte sur le coronavirus

Bertrand Badie. Oui, c’est la thèse que j’ai développée…

MSP- La crise actuelle du coronavirus peut-elle avoir comme effet de modifier les critères de puissance des Etats ?

Bertrand Badie. Oui, les porteurs de la conception classique de la puissance ont le plus pâti de cette crise

MSP- Le soft power peut-il un jour changer de camp, ou est-il voué à rester affilié au libéralisme culturel ? Dans quelle mesure la Chine pourrait-elle imposer au reste du monde ses représentations mentales (confucianisme etc...) ?

Bertrand Badie. Il me semble que le concept de soft power a perdu beaucoup de sa pertinence. Remplacé par celui de smart power, il semble que sa révision ne soit pas achevée : peut-être que le modèle chinois est en train de nous proposer autre chose…

MSP- Quel est le futur de l’évolution de la nature de la puissance ? Compte tenu du contexte international et des préoccupations contemporaines (environnement etc...), quelle(s) forme(s) peut prendre la puissance dans les décennies à venir ?

Bertrand Badie. Ce concept est trop chargé de sens passés pour rester opératoire ! Dans le monde globalisé qui se forme, la capacité des Etats dépendra moins de la vieille puissance que de l’aptitude à s’insérer de manière efficace dans la mondialisation : le savoir-faire économique, social ou technologique l’emportera certainement sur la musculation militaire. Peut-être l’Allemagne, le Japon et certains émergents comme la Corée du Sud ou Singapour pourraient en bénéficier, tandis que la Chine s’en préoccupe déjà"

MSP- "Pensez-vous que le temps du multilatéralisme est une réalité définitivement révolue, et si non, quel(s) changement(s) au niveau géopolitique international devrait être opéré(s) pour rende ce concept de nouveau pertinent ?

Bertrand Badie." La géopolitique a été définitivement tuée par la mondialisation, tandis que celle-ci rend le multilatéralisme incontournable : je ne vois pas en quoi celui-ci est révolu : il est simplement bloqué par les Etats et le néonationalisme. Il est fonctionnellement inévitable…

MSP- Peut-on vraiment affirmer que la puissance n’est plus une affaire de « clubs » aujourd’hui ?

Bertrand Badie. En tout cas les clubs ont perdu leur efficacité sur le plan de la régulation internationale !

Social et néolibéralisme

MSP - La dislocation des nations politiques, telle que vous l’entendez selon des considérations ethniques et communautaires, pourrait-elle signifier le relatif échec de l’« Etat importé » et le retour de modèles politiques non-occidentalisés (cf ceux présentés dans « La démocratie des autres » d’Amartya Sen) ?

Bertrand Badie. Incontestablement

MSP - Dans votre livre Le temps des humiliés, vous prêtez à l’humiliation une dynamique propre qui tend à renforcer des « contres-coups anti-système », au niveau sociétal et diplomatique. L’humiliation ressentie aujourd’hui par une partie non-négligeable de la population occidentale (plus seulement par les pays du Sud), quant à la mauvaise gestion de la crise du Covid et une indifférence manifeste aux revendications sociales et écologistes pourrait-elle se transformer en un véritable acteur politique, condition selon vous pour que tout mouvement social aboutisse ?

Bertrand Badie. Il ne s’agit pas d’humiliation, mais de peur…

MSP - Dans un article du 9 avril (Journal Libération), vous écrivez : « Après plus de trente ans de néolibéralisme, le social a été dissous dans l’économie et l’Homo oeconomicus », sans préciser si un changement était possible. Face au mépris avec lequel le pouvoir a reçu les revendications sociales l’an passé, que pouvons-nous espérer de celui-ci qui semble souhaiter un retour au « monde d’avant » le plus rapidement possible ?

Bertrand Badie. Il me semble qu’il sera difficile pour les dirigeants du monde d’échapper à un « acte 2 de la mondialisation » et à ce retour du social. La différence viendra du rythme et des modalités de cette redécouverte.

MSP - La crise du COVID-19 pourrait-elle signer l’arrêt de mort de l’État néolibéral ? Bertrand Badie.

Déjà fait !

...« La géopolitique a été définitivement tuée par la mondialisation, tandis que celle-ci rend le multilatéralisme incontournable. Je ne vois pas en quoi celui-ci est révolu, il est simplement bloqué par les Etats et le néonationalisme. Il est fonctionnellement inévitable… ».

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